Chaleur et bassin à koï : risques et solutions; Les chaleurs d’été sont souvent appréciées par les propriétaires de bassins à koï.
C’est en effet la période où les poissons présentent une croissance maximale. Mais les températures extrêmes comme nous venons d’en rencontrer sont, elles, à redouter…
Avec l’augmentation disproportionnée de la température, l’équilibre biologique devient plus fragile. Un bassin qui fonctionne tout à fait convenablement peut rapidement devenir problématique lors d’une période caniculaire.
Chaleur et métabolisme
Contrairement aux mammifères, les carpes koï, animaux à sang froid, sont directement dépendantes de la température de l’environnement. Plus l’eau se réchauffe, plus le métabolisme s’accélère. La prise de nourriture s’intensifie de manière exponentielle. Les déchets sont produits de concert.
Chaleur et bassin à koï : risques et solutions. …Les koi et le milieu consomment donc davantage d’oxygène. Dans le même temps, l’eau chaude contient naturellement moins d’oxygène dissous. Plus la température s’élève moins l’eau a la capacité de retenir l’oxygène. A 0°C on a à peu près 14.6 mg/l alors que nous ne sommes plus qu’à 7.6 mg/l à 30°C.
Cette situation crée un déséquilibre qui peut rapidement devenir critique.
La baisse de l’oxygène : le premier danger de la chaleur
L’oxygène dissous diminue naturellement lorsque la température augmente.
À partir de 25 °C, la réserve d’oxygène disponible devient nettement plus faible alors que les besoins des poissons augmentent.
Les signes du manque d’oxygène se reconnaissent facilement.
On peut noter les Koï qui se regroupent près des apports d’eau et/ou qui viennent respirer en surface.
La nage lente, la perte d’appétit et une, couleur rosé/rouge sur le poisson.
L’installation d’aérateurs puissants constitue la meilleure protection pendant les périodes de forte chaleur.
Attention à l’ammoniaque toxique
Les koï produisent ainsi davantage de déchets lorsque l’eau est chaude.
Cette production supplémentaire d’ammoniaque sollicite fortement la filtration biologique.
De plus lorsque le pH est élevé, une partie de cet ammoniaque devient tout particulièrement toxique pour les poissons. L’ensoleillement maximal peut augmenter facilement le Potentiel Hydrogène en favorisant, durant la journée, la photosynthèse. Les plantes et les algues, et micro algues, consomment le CO2. Comme celui-ci est acide sa diminution fait augmenter le ph.
La nuit, par contre, les plantes et les poissons rejettent du CO2 ce qui fait redescendre le ph. C’est à cet instant que peut arriver un crash de ph fatal.
Il est tout particulièrement important de vérifier la teneur en kh et gh, qui permettent de réguler un ph et de le conserver aussi stable que faire se peut.
Les conséquences peuvent être importantes .
On peut noter l’Irritation des branchies qui entraîne des difficultés respiratoires et un stress chronique.
Ce qui entraine inexorablement une sensibilité accrue aux maladies.
Un contrôle très régulier de l’ammoniaque est recommandé durant toute la période estivale. A partir de 30°C on diminue drastiquement le nourrissage et on arrête au-dessus de 32°C.
Les algues aiment les fortes températures
Le soleil et la chaleur créent des conditions PARFAITES pour le développement des algues.
Les problèmes les plus fréquents qui se rencontrent sont : l’eau verte, les Algues filamenteuses.
Tout ceci entraine un encrassement des filtres et de variations importantes du pH.
Un stérilisateur UV correctement dimensionné permet aisément de limiter efficacement l’eau verte.
Il est important de lutter au maximum en amont contre les algues qui apportent une masse organique inopportune . Prévenir les algues filamenteuses c’est agir sur les ph élevés et diminuer la consommation d’oxygène par le bassin.
Les bactéries pathogènes deviennent plus actives
La plupart des bactéries responsables des maladies sur les koï apprécient les températures élevées.
Au-dessus de 24/26 °C, leur multiplication s’accélère fortement.
Les symptômes les plus communémnt observés peuvent être des ulcères précédés de rougeurs cutanées sur la surface du corps.
Peuvent suivre également des nécroses des branchies, ou une pourritures de nageoires.
Les parasites se reproduisent plus rapidement
La chaleur favorise également le développement de nombreux parasites.
Les cycles de reproduction sont plus courts et les contaminations plus rapides.
Les parasites les plus fréquemment rencontrés sont :
Costia.(préfère les eaux plus fraîches)
Trichodina
.Chilodonella (moins problématique au-dessus de 23°C)
.Dactylogyrus
.Gyrodactylus.
Ichthyophthirius
Tetrahymena ( sur poisson blessé)
Une surveillance attentive du comportement des poissons est indispensable durant l’été. Attention aux traitements qui consomment de l’oxygène (formol,etc)
Le KH diminue plus rapidement
Lorsque l’activité biologique augmente, la consommation du pouvoir tampon de l’eau s’accélère.
Une baisse du KH peut provoquer une instabilité du pH, comme vu plus haut. Un stress oxydatif et un dysfonctionnement de la filtration biologique peuvent suivre et causer des dégâts irrémédiables.
Le contrôle régulier du KH permet d’éviter de nombreux problèmes. Le gh apporte une stabilité complémentaire importante dans de nombreux phénomènes d’oxydo-réduction.
Le potentiel Redox chute en été
Les températures élevées favorisent la décomposition des matières organiques. Les algues filamenteuses apportent un surplus de matière organique. La charge en nourriture et fécès demande un effort soutenu à toute la chaîne biologique.
La qualité de l’eau peut se dégrader rapidement.
Les signes d’une baisse du Redox sont souvent une apparence d’eau moins brillante.
Des dépôts organiques plus présents qui s’accompagnent d’odeurs inhabituelles.
L’ augmentation de la charge bactérienne s’ensuit de façon automatique…
Un entretien régulier du bassin et de la filtration limite fortement ce phénomène. Une oxygénation supplémentaire ne peut qu’être un plus.
À partir de quelle température faut-il s’inquiéter ?
20 à 24 °C : conditions optimales.
25 à 27 °C : surveillance renforcée.
28 à 30 °C : situation délicate.
Au-dessus de 30 °C : risque important pour les koï.
Chaque bassin réagit différemment selon profondeur, population et niveau d’aération. Lorsque vous pensez avoir trop d’aération… dites-vous que vous n’en avez pas assez…
Comment protéger son bassin pendant la canicule ?
Augmenter fortement l’aération.
Faire fonctionner les cascades en continu.
Installer des zones d’ombre.
Nettoyer très régulièrement les préfiltres.
Contrôler KH, pH, ammoniac et nitrites.
Réduire légèrement le nourrissage et si besoin le stopper.
Réaliser des renouvellements d’eau réguliers.
Éviter toute surpopulation.
La chaleur est un des principaux facteurs de stress dans un bassin à koï. Le manque d’oxygène, l’augmentation de l’ammoniaque, la prolifération d’ algue, de bactéries et de parasites peuvent rapidement entamer durablement la bonne marche du bassin
Une excellente aération, une filtration performante (nettoyable facilement) et un suivi régulier des paramètres de l’eau permettent de traverser les périodes de canicule plus sereinement et de conserver ses koï tout au long de l’été.






